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lundi 9 avril 2012

Ecotrail Paris 2012 : 09. Jouons avec les barrieres horaires

Alors que nous sommes en train de nous restaurer au "point d'eau" de Meudon, situé au 45°km, et que nous reprenons des forces, je parcours ma checklist "virtuelle" (les abeilles ont une imagination débordante, et créent même en pensée des choses "réelles" pouvant leur rendre la vie meilleure. Et la liste se matérialise alors dans mon esprit..)

- Contenu du sac : Ok, peu de ravitaillement utilisé par rapport au stock présent. Et ma poche à eau contient 2,5l donc j'ai de la marge.

- Forme Physique : Globalement pas trop fatigué, un peu éprouvé mais aucun voyant au rouge, bonne nouvelle donc.

- Santé mentale : La dessus, aucun changement ! Bonne nouvelle pour certains, mauvaise nouvelle pour d'autres. Toujours positif et content d'être là ! Donc, tout va bien.

- Moral : Au beau fixe, le ciel est dégagé, seul un vautour tourne haut dans le ciel. Et à chaque fois qu'il ouvre son bec, il semble nous crier : "Barrière horaire, barrière horaire".

Le coach-meneur d'allure sent qu'il ne va pas falloir trop traîner. Il va falloir désormais s'improviser jongleur ou équilibriste. 
Jongler avec les "Stop-crampes" et les phases de relance afin que le temps perdu n'empiète pas trop sur le temps restant. 
Et équilibriste car les périodes de relance ne doivent pas être trop rapides afin laisser la crampe éloignée, et pouvoir se faire plaisir sur les portions courues.
Et, nous poursuivons malgré tout notre route, et comme dans un cirque, où un monsieur loyal présenterait notre numéro : "Mesdames et messieurs, sur la piste centrale, vous pouvez admirer Zebullon et Maya dans leur numéro de jongleur-équilibriste, ils travaillent sans filet, voyez comme ils avancent inlassablement, sans se poser de question, toujours en avant, "Petit pas, petit pas, petit pas"....

Peu avant le ravitaillement en eau à Meudon, un homme tranquillement installé sur une chaise nous avait encouragé et nous avait indiqué la distance nous séparant du point d'eau. Sachant que la notion de distance peut parfois être une notion "relative" suivant les personnes (peu avant l'arrivée au 1° ravitaillement, un bénévole indiquait 800m alors que nous étions à moins de 2km), je l'avait remercié de ses encouragements sans prêter attention à la distance.

Après un "bref" (notion également relative, un arrêt de quelques minutes nous semblent bien bref, alors que pour certains, visant un chrono, cela pourrait sembler une éternité) arrêt, nous étions repartis. En arrivant près de l'observatoire de Meudon, nous avions profité du panorama pour une petite séance photo (voir photos des 2 articles précédents, ici et ). En y regardant de plus près, nous avons tout de même le visage un peu marqué, alors que dans nos souvenirs, nous étions "relativement" bien.

Nous repartons ensuite tranquillement, les jambes répondent bien. Il est plus de 19h30. Alors que Zebullon, a déjà mis son coupe vent depuis quelques temps, je continue toujours en t-shirt manches courtes, la différence de température commence à se faire sentir, mais je préfère malgré tout attendre le prochain ravitaillement afin de me changer.
La partie Meudon - Chaville s'effectue sans trop de souci. 

Juste la désagréable impression que les minutes défilent beaucoup plus vite que les km ! Il nous faut arriver au prochain ravitaillement pour 20h30 et y repartir avant 20h45. 

J'ai de nouveau une petite pression sur les épaules, le meneur d'allure ne rigole plus, le coach reste concentré sur l'allure de Zebullon, le supporter ne cesse d'encourager le groupe, alors que la musique de cirque et que la voix de M. Loyal retentissent au loin. (Alors que le corps effectue son travail d'endurance, l'esprit de l'abeille ne reste pas pour autant dans l'inaction. Comme vous pouvez le constater.).

Sans parler de cette barrière horaire qui s'approche inexorablement, nous (le meneur d'allure, le coach, le supporter, M. Loyal..) nous encourageons. Il nous faut maintenant relancer. Zebullon jongle avec ses crampes (oui, maintenant elle a invité des copines et elles semblent bien s'amuser), je (nous) jongle avec ces minutes qui s'écoulent bien trop vite.

La musique de cirque se fait plus forte, alors que le meneur d'allure se met la pression afin de mener sa mission à son terme. Un bel exercice d'équilibriste !
Alors que la pénombre s'installe autour de nous, je suis littéralement happé par cette ambiance surréaliste. C'est une grande première pour nous, la première fois que nous courons "de nuit". 

Presque euphorique, je m'amuse à cet instant dans les sentiers, je parle, je commente, je fais partager mon plaisir à Zebullon. Un vrai exercice d'équilibriste car nous n'avons pas encore mis nos frontales, et j'ouvre la route en indiquant la meilleure route à suivre et la taille des éventuels cailloux sur lesquels nous devons passer. Nous y voyons encore à peu près bien, nous voyons d'autres coureurs au loin, parfois nous en doublons. Nous sommes "bien". 
L'exercice de jonglage semble être bien maîtrisé. Quasiment sans pauses, nous avançons en direction du prochain ravitaillement. Chaville, nous arrivons !!
D'équilibriste, nous devenons funambule, car la barrière horaire est très proche, et c'est sur un fil invisible que nous évoluons.

Je ne fais désormais quasiment plus mention de l'heure. Il est inutile de stresser l'équipe, le meneur d'allure se doit de gérer.
A l'approche d'une descente un peu prononcée, nous décidons de jouer la carte de la sécurité, mieux vaut perdre 30 secondes afin de sortir la frontale du sac, plus que de glisser sur une pierre et voir la course se terminer stupidement.

Frontale désormais au front, nous repartons. Le meneur d'allure n'est vraiment pas à la fête, le coach surveille en silence, le supporter continue ses encouragements. Le vautour initialement haut dans le ciel semble voler près de nous, ses petits cris "Barrière horaire, barrière horaire" semblent désormais bien plus proches.

Les jambes déroulent, l'allure reste quasi constante, les rayons des frontales virevoltent sur les sentiers.
Grâce (ou à cause) à la frontale, le meneur d'allure lorgne de plus en plus régulièrement le chrono. Le souffle du vautour est désormais très proche.
Le coach nous regarde passer, il est tendu, il reste debout, ne pouvant rester assis comme un simple spectateur.
Le supporter toujours positif, poursuit ses encouragements car tout est encore possible.
M. Loyal, a modifié son discours, il est maintenant plus grave : "Mesdames et Messieurs, nous allons assister à une 1° mondiale, un exercice de haute voltige,..." et un roulement de tambour se met alors à retentir.....

Alors que nous étions passé au 1° ravitaillement situé au 22°km à 14h35 soit avec 1 heure d'avance par rapport à la barrière horaire, notre "avance" avait désormais fondu comme neige au soleil. Il nous fallait maintenant rester vigilant.

Le décompte est désormais lancé !

10 mn avant la barrière horaire.
Nous serpentons dans les sentiers. Nous voyons peu de coureurs.

9 mn avant la barrière horaire.
Afin de ne pas rater les balises, j'alterne le faisceau de ma frontale, passant du mode "vision lointaine" afin de voir les rubans réfléchissants et mode "vision proche" afin de mieux voir le sol.

8 mn avant la barrière horaire.
Le doute s'installe. Et si....
Le meneur d'allure regarde furtivement sa montre, le coach commence à s'arracher les cheveux, M. Loyal toujours silencieux, laisse le roulement de tambour parler à sa place.

7 mn avant la barrière horaire.
Nous continuons d'avancer. Le supporter donne constamment de la voix ! Une façon pour moi, d'évacuer cette tension grandissante.

6 mn avant la barrière horaire.
Le meneur d'allure aimerait accélérer mais cette option n'est pas la bonne et nous poursuivons sur le même rythme.

5 mn avant la barrière horaire.
Nous entendons des personnes au loin. Nous accélérons. Le coach a retrouvé le sourire. Nous sourions également. Nous accélérons.

4 mn avant la barrière horaire.
Il est 20h26, nous arrivons au 2° ravitaillement à Chaville au 55°km !
Le meneur d'allure et le coach sont satisfait, le supporter exulte !! Nous sommes contents.

Nous pouvons maintenant profiter du ravitaillement.

dimanche 8 avril 2012

Ecotrail Paris 2012 : 08. Lexique du Coach

Je vous propose maintenant le lexique du coach utilisé durant la course.

L'abeille est toujours positive et aime jouer avec le vocabulaire.
Zebullon, l'apprendra à ses dépends. Après tout, ce n'est que de la sémantique.

Alors place maintenant aux explications :
 
-"Nous sommes larges" signifie que nous serons au ravitaillement avant la barrière horaire. la notion de "large" étant très relative.

- "C'est jouable", signifie juste mais possible. L'abeille étant d'un naturel très joueur, tout est jouable !

- "C'est plat", signifie "faux-plat", en effet, il s'agit simplement d'une portion plate légèrement inclinée.

-"Le ça monte un peu", n'est jamais une très bonne nouvelle. Dans ce cas, se préparer au pire, éventuellement préparer les piolets  ! 

Ecotrail Paris 2012 : 07. En mode Coach / Meneur d'allure

Après quelques jours d'interruption, nous allons reprendre le récit de l'Ecotrail, vous êtes bien installé ? Alors, en route...

Alors que la course se déroulait sans anicroches, comme sous un ciel bleu bien ensoleillé, un gros, méchant, vilain nuage sombre vint au-dessus de nous et comme dans un dessin animé, il décida de nous suivre et de troubler notre course. Ce vilain nuage nous envoya un terrible sort, et comme pour nous rendre la tache plus ardue, la méchante sorcière nommée Crampes, jeta son dévolu sur Zebullon !!

Avec son expérience d'ancien sprinteur, il savait reconnaître les signes avant coureur (c'est le cas de la dire) de l'arrivée imminente de la crampe et avant que celle-ci ne s'installe complètement, il stoppait net son effort.
Après une petite pause "étirements / hydratation", nous sommes repartis tranquillement. Une célèbre comptine aurait pu nous accompagner à ce moment de la course : "Promenons-nous dans les bois, pendant que la crampe n'y pas....".
Mais, hélas, la crampe, vilaine et insidieuse revint à nouveau. Elle avait semble-t-il trouvé un hote fort accueillant.
Sans même prendre le temps de la réflexion, nous primes la décison de boire plus régulièrement et étant le seul à posseder une montre, je lancais des tops, toutes les 15mn.

A ce moment là, notre course prit alors une toute nouvelle tournure. A cause de cette crampe qui ne souhaitait pas du tout se détourner de Zebullon, notre embarcation prenait un peu l'eau et de ce fait, nous ralentissait quelque peu.

Une nouvelle casquette se matérialisa sur mon crane, et c'est tour à tour que j'endossa les roles de Coach-HorlogeParlante-SupportMoral-Meneurd'Allure...
Je savais que désormais, il faudrait jongler avec les arrêts-crampes et les relances.
Un peu inquiet car les crampes étaient survenues alors que nous n'étions pas encores arrivés à mi-course, je savais que la suite ne serait pas une partie de plaisir.
Pestant par moment, contre cette crampe qui ne voulait vraiment pas partir, et surtout contre ces enchainements de montée, de cotes, de faux-plat. Je tachais de calmer le petit énervement naissant de ZEBULLON en le précédant dans les montées afin de lui signaler la suite, car l'année dernière le fait de ne pas savoir ce qui m'attendait ensuite, avait soumis mon moral à rude épreuve.

De façon étonnante, le fait de faire le coach/meneur d'allure me permettait de penser à autre chose qu'à la course. Nous avions choisi de faire la course ensemble et nous avions dit que nous arriverions ensemble à la Tour Eiffel. Donc, toutes mes pensées, mes gestes étaient tournés vers lui.
Je lui répètais les petits conseils lus sur les blogs et revues diverses. Et, dans les montées, je lui indiquais (même si au fond de moi, je savais qu'il se rappelait de nos discussions durant nos entraînements) qu'il fallait faire de petits pas et que dans les cas où la pente était trop raide, il pouvait appuyer avec ses mains sur ses cuisses. Et, à un moment, sans trop savoir pourquoi, je lui lancais un : "Petit pas, petit pas, petit pas".

Ces mots ainsi répétés, devinrent par la suite notre leitmotiv, à chaque moment de relance, je lancais un "Petit pas, petit pas, petit pas", comme pour dire voilà on oublie la crampe, on se fait plaisir en courant.
Plusieurs kilomètres furent ainsi ponctués de "Top hydratation" toutes les 15mn, "Stop-crampes" au gré des humeurs de cette vilaine sorcière, et de "Petit pas, petit pas, petit pas" lors de nos relances.
Je restais, malgré tout, bluffé par la volonté de Zebullon, car arriver ainsi à jongler avec une crampe et poursuivre la course devait lui demander de gros efforts de concentration et de volonté.

Malgré les "Stop-crampes" intempestifs, nous arrivions malgré tout à faire avec. Nous avancions, et c'était là le principal. Par moment, il me demandait pour la prochaine barrière et souvent, je répondais que nous étions large, puis, que nous avions le temps. Ce qui était vrai ! Même si notre petite avance, commencait à fondre. Mais pour positiver, je lui dit que les organisateurs avaient prévus large car la 1° partie étant roulante, ils avaient accordés plus de temps pour la suite. Ce qui est également vrai.
Même si l'on édulcore la vérité, il est important de dire la vérité afin de conserver cette relation de confiance. (Elle fonctionne vraiment bien cette casquette de coach !!).

Notre programme est le suivant :
- Durant les descentes, je l'attends soit en bas, soit à hauteur des éventuels palliers, car avec mon mode "freestyle", il est difficile pour moi de m'arrêter sans dépenser trop d'énergie.
- Durant les montées, je lance un "petit pas, petit pas, petit pas" et nous gravissons la "cote-montée" chacun à notre rythme, en l'attendant soit à la moitié s'il s'agit d'une longue portion, et en haut de la montée, dans tous les cas, afin de l'informer de la suite du parcours.
- Et sur les parties roulantes, après le "petit pas, petit pas, petit pas", je le précède et je m'arrange afin qu'il soit constamment dans ma "roue", surtout ne pas le distancer, toujours le laisser au contact afin de bien relancer, afin de lui permettre de rester concentré sur la personne qui précède, et d'oublier quelques temps la fatigue qui s'installe.

Je parle, je plaisante, je l'encourage. Et à plusieurs reprises, pour enlever les petits doutes qui ont vite fait de s'installer, je lui signale que je ne suis pas non plus au mieux et que les enchainements m'affectent également. A ce moment, c'est le coureur qui parle. Mais, le coach reprend rapidement la parole afin de continuer à motiver les troupes, car en motivant l'un, ce sont les deux coureurs qui se motivent (je ne sais pas si vous avez suivi, mais il est vrai que l'esprit des abeilles à ceci de particulier, que non seulement, il est constitué de personnalités multiples mais qu'en plus certaines d'entre elles, peuvent prendre le pas sur les autres afin de les encourager et de les pousser à se dépasser. Vous savez à quel point l'esprit humain peut être compliqué mais au vu de la complexité de celui des abeilles, vous savez désormais pourquoi, les psy n'existent pas chez elles.).

Mais, après une montée, alors que nous amorcions la phase de relance, en me retournant, je vis alors Zebullon faire un écart à gauche, puis 2 écarts à droite. En mettant une main sur mon épaule, je compris !! L'heure de la pause salvatrice était venue. Et c'est, assis sur une souche qu'il récupéra quelques minutes. Durant cet arrêt inopiné, nous en profitames pour nous restaurer, et alors que j'avais alterné, gels sucrés antioxydants, gels salés, gels sucrés, nous nous sommes régalés avec des petits batons de saucisson ! Un vrai régal.

A ce moment, la voix du coach résonna dans mon esprit : "Tout dépend de toi désormais" !! L'espace de quelques instants, j'eus une petite pression supplémentaire sur mes épaules. Je n'ai pas le droit d'avoir une défaillance ! Il faut que je nous emmène jusqu'à la Tour Eiffel !

Petit coup d'oeil à ma montre, la barrière horaire est à 20h30, c'est jouable ! Nous en profitons même pour nous offrir une petite séance photo près de l'observatoire de Meudon.

jeudi 5 avril 2012

Ecotrail Paris 2012 : 06. Découverte de la technique en Trail

Nous laissons le 1° ravitaillement pour amorcer la 2° partie du parcours à savoir une traversée de 23km pour rejoindre une oasis au 45°km, où nous pourrons remplir nos camelbak, puis une petite trotte de 10km avant d'atteindre le 2° ravitaillement. Et, c'est parti !!

La partie "roulante" de la course est désormais derrière nous, nous allons bientôt entrer dans le vif du sujet. 
Pour rappel, la course ne comporte "que" 1500m de dénivelé. une pure formalité pour les "vrais" traileurs montagnards. Pour eux, 80km avec 1500m D+, c'est "quasiment" plat !! Mais pour les "apprentis traileurs", parisiens de surcroit, la succession de montées et de descentes pas trop techniques, nous oblige à puiser dans nos ressources.

Même si pendant nos entraînements communs, j'avais déjà brieffé Zebullon, je lui redis à nouveau que les montées et descentes vont désormais s'enchainer. 
Comme l'année dernière, cet enchaînement m'avais éprouvé autant psychologiquement que physiquement, j'essaye donc de nous préparer psychologiquement.

Et c'est parti pour les montagnes russes !! 

Nous marchons dans les montées, et nous nous laissons aller dans les descentes. Et, cette année, une grande première pour moi, j'arrive (enfin) à descendre sans dépenser trop d'énergie.
Je tiens d'ailleurs à remercier les "traileurs-blogueurs" qui dispensent de précieux conseils sur leurs articles (une vraie mine d'information).

Je n'ai pas encore acquis la technique de descente, mais comme le dit Zebullon, je fais les descentes en mode freestyle ! Complètement relaché, je reste concentré sur le sol afin de poser mes pieds au bon endroit, et surtout, je ne m'oppose pas à la pente, je laisse mes jambes dérouler en restant toujours maître de ma vitesse. Et, sans accélérer, en me laissant mener dans la descente, je parcours la pente quasiment sans effort, et petit plaisir, en doublant quelques coureurs. 
Etonnant comme avec un peu de technique, on arrive à allez plus vite en descente , et ce, avec une dépense d'énergie moindre. Donc, même si ma technique de descente n'est pas très académique, elle me convient et je sais qu'il faudra que je progresse encore sur ce point là.

Abordons maintenant les montées ! Ah, les montées, le sujet qui fâche !! C'est tout un programme !
Personnellement,les montées m'amuse (je ne dirai probablement pas la même chose, lorsque je serai sur la Festatrail ou sur l'Oisans). 
J'essaye toujours de faire les choses de façon ludique afin qu'elles passent mieux.
Oui, les abeilles ont un bon sens de l'humour, et pratiquent aussi bien le1° degré comme le 451° dégré (petit clin d'oeil à un très bon livre, mais je m'éloigne du thème du récit...) !! Comment trouver quoique ce soit d'amusant à une montée ??
C'est une très bonne question ! D'ailleurs, si vous connaissez des profs de philo, proposez-leur cette question comme thème pour une interrogation écrite...
Pour ma part, chaque montée, est vue comme un petit "jeu" durant lequel je m'oblige à faire de petits pas en marchant, en essayant de ne penser qu'au rythme de la foulée qui est alors nettement raccourcie et sur une cadence presque constante. Pour une fois, les parisiens ont un avantage indéniable concernant le travail de la foulée en faisant de très petits pas. Pour ce type d'entraînement, il suffit de faire plusieurs aller-retours sur les trottoirs situés devant les magasins du Printemps et des Galeries Lafayette, un samedi après midi. Et vous pourrez alors parcourir près de 300m en faisant des pas de 20cm !! Vraiment l'entraînement idéal !!

Après ces errements techniques, revenons maintenant à notre course....

Les montées, faux plat, cotes, s'enchaînent désormais. Zebullon et moi-même, toujours ensemble, marchons chacun à notre rythme dans les montées, courrons cote à cote dans les parties "roulantes" et les descentes sont effectuées chacun à notre rythme. 
Je distille de temps en temps des petits conseils, même si je n'ai guère d'expérience en la matière, mais l'année dernière l'enchaînement de montées m'avait bien éprouvé alors j'essaye d'anticiper cette année. Peu avant les montées, nous nous mettons à marcher et essayons de relancer une fois celle-ci franchie.

Tout se déroule déroule bien, nous enchaînons, les montées, les faux plats...
Serait-ce la course idéale ? La course où les difficultés sont avalées, englouties facilement ??

Que nenni !!

Ecotrail Paris 2012 : 05. Le départ

Zebullon et moi même, nous arrivons sur l'aire de départ. Après la surprise de la rencontre d'un ancien coureur, rencontré à Feucherolles, nous nous installons sur l'herbe en attendant le départ. Nous sommes vite rejoint par le groupe de Djailla avec 2 personnes arborant fièrement le tshirt de Finisher UTMB (respect !!), puis par celui de Jahom. Un peu déçu, ne l'ayant vu, je n'aurai pas la joie d'encourager Giao avant le départ.
Chacun a sa stratégie de course, Zebullon et moi avons prévu de courir ensemble. Une première pour moi, n'étant guère habitué à courir accompagné.

Une autre grande première pour moi, avant le début de la course, une minute de silence a été observée en hommage aux victimes de Toulouse.
Le silence se fait pesant, un profond sentiment de tristesse plane au dessus des coureurs. C'est vraiment une impression particulière que d'être ainsi au milieu d'une assemblée de quelques 2000 coureurs ainsi réduits au silence.

Le départ est lancé. Le peloton s'élance, les encouragements fusent de la part des spectateurs venus en masse, cela fait vraiment plaisir. Nous nous élançons avec le sourire. Le grand jour est enfin arrivé, après 3 longs mois de préparation, nous sommes enfin sur notre grande course !!

Comme prévu, nous partons sur un rythme très tranquille, le but étant de se mettre en jambes tranquillement. Au bout de 10mn, ma jauge thermique monte légèrement (Oui, je suis équipé d'un tableau de bord virtuel, comprenant moults voyants, jauges, et indicateurs en tous genres !).Le départ à 12h y est pour beaucoup, mais ma petite casquette me protège.

Malgré la foule, il n'y a aucune bousculade, j'aime l'Esprit Trail ! Cela double dans tous les sens, cela ralentit, cela s'arrête même parfois et pourtant, aucun coup de coude, aucune personne poussée. Tip, top !!

Le speaker, peu avant le départ, avait annoncé une 1° partie roulante. En gros, si l'on commence à avoir des difficultés, c'est que cela s'engage vraiment mal. Et...cela commence à être le cas !

Alors que mon collègue Zebullon, sans casquette arbore fièrement sa superbe coupe, il ne souffre pas de la chaleur, il prend plaisir sur cette 1° portion de notre longue traversée. Pour ma part, j'ai par moment des bouffées de chaleur (non je vous rassure, pas de souci au niveau hormonal). Je bois régulièrement pourtant mais ma jauge thermique continue son ascension.

L'arrivée à Buc, se fait malgré tout sans trop de soucis.
Le ravitaillement nous fera du bien.

A ce moment, je décide d'en profiter afin d'effectuer une pause technique. Je rentre dans l'aire prévue à cet effet. Je m'isole, dans les "espaces privatifs" et après avoir refermé la porte, le "petit" film va pouvoir commencer, après avoir lancé le générique...rien...un répondeur intérieur répète inlassablement : ...Votre demande ne peut aboutir, merci de renouveler ultérieurement.
Malgré la quantité d'eau ingurgitée, je n'ai pas réussi à éliminer le "trop plein". Car le "trop plein" était inexistant !
Je me suis ensuite aspergé d'eau, j'ai mouillé ma casquette, et j'ai rejoint Zebullon déjà près à partir.

Une fois, le camelbak à nouveau rempli, et ma poubelle vidée, nous sommes reparti....

Ecotrail Paris 2012 : 04. Pour le Rire Medecin

Avant le départ, une petite pensée pour une association que j'affectionne tout particulièrement : Le Rire Médecin.

Comment ?? Vous ne connaissez pas ?? Voyons, rappelez-vous je vous en ai déjà parlé durant différents billets !!
La liste ici.

Et c'est tout naturellement, que nous posons et arborons fièrement le nez rouge et que nos pensées vont aux enfants hospitalisés.

mardi 3 avril 2012

Ecotrail Paris 2012 : 03. Zebullon

Je vais maintenant vous présenter mon collègue Zebullon qui m'a accompagné sur l'Ecotrail.
  
J'ai la chance d'avoir quelques collègues sportifs au bureau. Un VTTiste qui nous accompagne régulièrement durant nos entraînements, un Triathlète Finisher Ironman d'Embrun (eh oui, rien que ça !!) et Zebullon, ancien sprinteur sur 400m.
 
Mais comment passe-t-on du 400m au 80km ??
  
Ben, tout simplement sur un coup de tête, sur une volonté de se lancer un défi, et aussi par envie car nous parlons très souvent CAP et un jour alors que j'évoquais ma participation à l'Ecotrail, il décida alors de s'y inscrire également. Un bon gros défi à relever, j'aime cet esprit !

Parler de Défi dans ce cas, n'est qu'un doux euphémisme car n'ayant jamais participé à un marathon, ni à un semi, s'inscrire ainsi sur 80km relèverait pour certains de la psychiatrie, mais j'aime cette douce folie qui pousse à se lancer dans de belles aventures physiques. Et connaissant son passé de sprinteur, je ne me faisais aucun souci concernant ses capacités physiques.

Et, au terme d'une préparation de 11 semaines au cours de laquelle nous avons suivi un plan d'entraînement pour un 100km, nous avons traversé ces quelques mois (dont les quelques jours polaires), pour nous amener à ce fameux jour, le samedi 24 mars.
Pour sa 1° grande course, et pour se faire plus plaisir encore, il décida de se faire une coupe spéciale, en hommage à l'ultime récompense sur cette course. Une coupe représentant l'objet de toutes les convoitises des coureurs inscrits sur cette route, il s'est fait dessiner une Tour Eiffel sur l'arrière du crane.

Et, que cela soit, avant, pendant et même après la course, sa coupe a eu un énorme succès !!

Ecotrail Paris 2012 : 02. Invitation au voyage

Il est tout de même amusant de constater que sur cette course au long cours, en l'espace de 80km, j'aurais également effectué un voyage au sein de la communauté européenne (et même au delà).

- En effet, peu avant le départ, j'ai discuté quelques instants avec un barefooteur anglais dossard 2470 (la seule et unique personne dont j'aurais pris soin de mémoriser le n° de dossard) qui prenait le départ en chaussettes et sandales huarache.
Mais malheureusement, il s'arrêtera au 1° ravitaillement parcourant tout de même 22km ainsi chaussé. Et ce fut l'occasion pour moi d'adresser une petite pensée à notre Barefooteur préféré : CourirPiedsNus inscrit sur le 30km, voici son CR.

- Sur une montée, alors qu'un coureur placé juste devant s'arrêta brusquement, je lui dit alors de ne pas s'arrêter, voyant qu'il était était espagnol, je basculait en...anglais afin de l'encourager à ne pas s'arrêter maintenant et de le faire en haut de la montée. Plié en deux, et reprenant son souffle, il me lança sous forme de boutade (du moins je le pris comme tel), que c'était facile à dire !! 
Et une fois arrivé en haut de la montée, je lui lançais alors "maintenant tu peux respirer" !! Après un petit sourire, il poursuivi sa route.

- Alors que devant moi, je repérais un coureur en Hoka, je lui posa alors des questions concernant leur confort, le temps d'adaptation à ce type de chaussure (même si celles-ci ne bénéficient pas du super amorti des Mafate) et alors qu'il me précisait les avantages de ce type de chaussures, ce fut alors pour moi l'occasion d'effectuer un voyage virtuel vers l'Ile de la Réunion dont il était originaire, car il m'expliquait que grâce à ces chaussures, il souffrait bien moins des genoux, sur certains sentiers caillouteux de son île natale.

- Durant la course, à plusieurs reprises, un couple allemand ou néerlandais reconnaissant mon collègue Zébullon, nous encourageait à chaque fois qu'ils arrivaient à notre hauteur. (mais pourquoi, le reconnaissaient-ils ?? Vous le saurez dans les prochains épisodes...)

De nombreuses nationalités étaient représentées car une course se terminant au 1° étage de la Tour Eiffel, attire forcément de nombreux touristes sportifs intéressé par le fait de découvrir autrement ce célèbre monument.

Ecotrail Paris 2012 : 01. Une Famille

C'est par une belle journée ensoleillée que nous arrivons sur l'aire de départ à la base de loisirs de Saint Quentin en Yvelines. 
Et, alors que nous empruntons l'allée menant aux différentes tentes pour le dépot des sacs et pour la collation d'avant départ, nous sommes subitement interrompu dans notre discussion, par une personne surgissant devant nous et venue me saluer.
Le coureur tout sourire me lance alors : "Tu te souviens de moi ? On avait couru ensemble !", et effectivement, son visage ne m'est pas inconnu, et c'est au cours des 24h des Yvelines que nous nous étions rencontrés et que nous avions discuté pour la première fois. 
Nous sommes vraiment contents de nous revoir ainsi par hasard. Et j'apprécie d'autant plus qu'il ait pris le temps de se déplacer pour venir me saluer.

Le ton est donné, cette course s'effectuera dans la convivialité. 
J'apprécie vraiment cet état d'esprit ! Tout le monde a le sourire.
Echanges de petits signes de tête en guise de salutation à destination des autres coureurs. Une bien belle ambiance.

Certains visages ne me sont pas inconnus, et non loin de nous, je vois Antoine Allongue, que l'on ne pouvait pas rater avec sa belle tenue flashy. Ses belles chaussures Adidas flambant neuf, furent l'objet de petites blagues. Ambiance vraiment détendue donc.

Et, durant la course, et sur les ravitaillements, ce ne sont que des rapports cordiaux et amicaux entre coureurs. Aucune animosité, aucun comportement déplacé, uniquement de saines réactions.

J'apprécie cette notion de groupe où tous les membres se trouvent sur le même pied d'égalité et où chacun compte vraiment.

Alors que suivant les portions de la course, avec différents coureurs, nous jouons à "JeTeDouble, TuMeDoubles, JeTeRedoubles, TuMeRedoubles...", nous en venons tout naturellement à discuter et à plaisanter, notamment cette dame Triple Finisheuse UTMB (oui, rien que ça) servant de locomotive à sa fille, et surtout Sandrine, qui nous prodigua de précieux conseils, et avec qui nous avons joué et plaisanté tout le long de la course, jusqu'à nous retrouver et nous féliciter mutuellement une fois la ligne d'arrivée franchie.

Je repense également à ce coureur avec qui nous avons plaisanté sans prendre le temps de vraiment discuté, croisé à maintes reprises durant la course, retrouvé au pavillon des Apprentis d'Auteuil et qui nous a rejoint au ravitaillement suivant. 
Il m'a alors dit qu'il souhaitait s'arrêter là. En le conseillant de ne pas s'arrêter là, je lui signalais qu'il pouvait avoir une bonne soupe chaude avec des pates, et qu'il pouvait repartir avec nous. Mais malheureusement, je ne l'ai pas revu par la suite.

Que cela soit durant la course ou une fois l'arrivée franchie, on discute, on plaisante, ceci est tout à fait normal car durant la course et même après on a le sentiment de faire vraiment partie d'un groupe partageant une bien belle aventure et durant ces instants, nous appartenons à une même et unique famille unie.

lundi 2 avril 2012

Ecotrail Paris 2012 : 00.Préambule

L'année dernière, pour ma 1° participation à un trail, je m'étais aligné sur le départ de l'édition 2011 de l'Ecotrail de Paris, sur le format 50km
Et comme j'avais vraiment apprécié cette course, cette année, je me suis donc décidé à m'inscrire sur la version 80km.

Pour faire l'analogie avec le domaine cinématographique, disons que suite à l'audience (plaisir ressenti) lors de la saison 1, les producteurs (moi-même) ont décidés de poursuivre la diffusion de cette série.
 
C'est donc avec un très grand plaisir que je vous convie à la diffusion de cette 2° saison !
 
Mais avant de débuter, la "célèbre" coupure pub.....