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vendredi 7 juin 2013

Marathon de Paris 2013 : 12 Douleur


Parce que parcourir 42,195km n'est pas toujours anodin, parce que c'est également ce qui fait la beauté du marathon, rien n'est jamais couru d'avance (oui, elle était facile). Et parfois la douleur survient sans crier gare !

A l'exemple de ce coureur, pris de crampes à 200m de l'arrivée, que je vis arriver au loin (oui le jaune, les abeilles ça aime !) pour subitement s'arrêter ! 
Après quelques étirements, un bénévole est venu à sa rencontre afin de l'encourager. Un bien beau geste !

Tout le public en a fait de même en l'applaudissant et en donnant de la voix. Sur le moment, j'en avais eu des frissons en partageant la douleur du coureur et la grande ferveur dont faisait preuve le public.

Et c'est acclamé et sous un tonnerre d'applaudissements qu'il repartira et terminera son marathon !!

NB : Malgré son arrêt dû aux crampes, il terminera tout de même en 2h35 !!


D'autres, ne doivent leur statut de Finisher qu'à l'aide et au "soutien" d'amis avec lesquels ils ont effectué la course.



Et je voudrais terminer ce petit tour d'horizon de la Douleur, par cette jeune femme que j'ai vu passer toute sanglotante. 
  
Je doute que ces sanglots étaient dûs à une quelconque douleur mais peut-être est-ce dû une vision idéalisée de la course, mais je me plais à penser que cela était peut-être son tout 1° marathon.
Et qu'à l'issue de ces nombreuses semaines d'entraînement, à l'issue de ces 42km presque déjà parcourus, à l'issue de ces nombreux doutes et incertitudes désormais balayés, elle entrevoyait enfin le terme de cette course, l'issue finale qui ferait enfin d'elle une MARATHONIENNE !! 
  
Et, devant ce trop plein d'émotions, les larmes étaient coulaient à flot !

C'est aussi cela le marathon, de la douleur, de l'émotion mais toujours d'agréables souvenirs.

Voici la galerie 12 Douleur

mercredi 5 juin 2013

Marathon de Paris 2013 : 11 Meneurs d'allure


Voici une catégorie de coureurs fort appréciée de tous. Porteurs d'espoir lorsque l'on reste dans leur sillage et parfois de tristesse lorsque résignés, nous voyons leur flamme s'éloigner inlassablement, ces orfèvres de la course, ces métronomes du bitume, ce sont bien sûr les meneurs d'allure.

Il ont pour mission de nous emmener jusqu'à la ligne d'arrivée dans un temps bien défini, et très souvent encouragent celles et ceux qu'ils doublent. Ils partagent ainsi leur expérience de course afin de nous assurer d'atteindre nos objectifs chronométriques. Et grâce à eux, à leur savoir faire, à leur excellente gestion de la course, leur "chrono-promis" devient alors notre "chrono-record" !!

Au fil des temps, les coureurs ont pris l'habitude de les voir sur les courses et pour certains, ils font partie du "décor", c'est leur "job" diraient certains. 
Ce sont vraiment des coureurs passionnés (et excellents) qui font la course dans un tempo bien en deça de leur capacités mais ils mouillent tout de même le maillot car ils effectuent également l'intégralité du parcours et dans ce cas, engloutir les 42,195km de façon si régulière n'est pas toujours chose aisée.

Un grand merci au meneur d'allure avec qui j'avais fait une partie de la fin de course l'année dernière, qui m'avait bien soutenu et encouragé lors de mon Marathon de Paris avec le fiston.

Un grand merci donc à tous les meneurs d'allure !

Voici la galerie 11 Meneurs d'allure

dimanche 26 mai 2013

Marathon de Paris 2013 : 10 Déguisements

Parce que le marathon (de même que toutes les autres courses), peuvent être vécues comme une opportunité de faire la fête, certains coureurs n'hésitent pas à se déguiser. 

Le déguisement peut être simple tel que celui de ce "coureur-cupidon" qui montre bien que les sportifs savent avoir du "coeur".


D'autres déguisements sont nettement plus élaborés, telle cette Tour Eiffel (une habituée des courses) pour laquelle de nombreuses heures d'entraînement ont dû être nécessaire afin de courir ainsi équipé.



Certains affichent leur goût pour la musique jamaïcaine.



D'autres font un petit clin d'oeil à Tux, l'emblème de leur système d'exploitation favori.


Et je voudrais finir ce rapide tour d'horizon par quelqu'un qui ne l'est pas !! Un vrai paradoxe ! 
 
En le voyant arrivé vers moi, j'ai été surpris !

Non pas par sa tenue des plus classique mais par le fait que les notions de perspective n'étaient alors plus respectées !!

Comme quelqu'un en arrière plan peut-il paraître nettement plus grand qu'un coureur se trouvant au 1° plan ?

Non, la photo n'a pas été retouchée !! :-)

Voici la galerie

mercredi 22 mai 2013

Marathon de Paris 2013 : 09 Associations

 
Une des grandes valeurs du sport est que l'on peut courir pour autre chose que pour soi ou pour un chrono. Certains n'hésitent pas à donner de leur temps, faire des efforts pour les autres et mettre ainsi en avant les valeurs pour lesquelles on croit.
Sur la 1° photo, vous pouvez apercevoir Marc Raquil, PPDA et en arrière plan Taïg Khris, que j'ai déjà eu l'occasion de photographier (un beau souvenir). Ces "personnalités" soutiennent l'association Mécenat Chirurgie Cardiaque.



Un petit clin d'oeil aux Dunes d'espoir. De sacrés coureurs !! Les voir est toujours un plaisir.




Et une mention spéciale aux coureurs soutenant l'association Laurette Fugain surnommés "La chenille des dons de vie" qui ont parcouru le marathon reliés par une banderole sur laquelle était écrit : Le plus beau don est le don de vie.

Voici la galerie 09 Associations

Marathon de Paris 2013 : 08 Barefoot


Je n'aurais pû vous parler de ce marathon sans évoquer cette pratique qu'est le Barefoot. Pour les "non-anglophonisants", il s'agit simplement de courir pieds nus.
Concernant cette pratique, CourirPiedsNus est un bien bel exemple de persévérance et de progressivité. Vous retrouverez son CR ici.
On le remarque bien sur la photo. Allez un petit indice : Il est en bleu ! :-)

Je n'ai malheureusement remarqué qu'un seul autre coureur courant également pieds nus mais je pense que d'autres barefooteurs se trouvaient également au sein des différents pelotons de coureurs.

Voici la galerie 08 Barefoot

mardi 21 mai 2013

Marathon de Paris 2013 : 07 Arrivée


Au terme de cette odyssée de 42,195 km, le moment tant attendu, tant espéré arrive enfin. 
L'arche de l'arrivée se dessine au loin pour la plus grande joie des coureurs.

Les bras levés ce coureur avance, inutile de voir son visage car on imagine très bien son large sourire et ce regard heureux en direction de l'arrivée, semblant dire : "Je l'ai fait".

Voici la galerie 07 Arrivée

lundi 20 mai 2013

Marathon de Paris 2013 : 06 Arrivée Handisport


Voici (enfin) la suite des articles du Marathon de Paris 2013 !! 

Voici maintenant la partie dédiée à l'arrivée des coureurs handisport. Sur la photo précédente, nous retrouvons un coureur mis en avant lors du Départ Handisport, il s'agit Nicolas Bompard, coureur non-voyant qui terminera en 2h48 !!
Handicapé, vous avez dit ? Combien de soi-disant valides seraient capable de rivaliser avec lui ? Une bien belle leçon de volonté et une sacrée performance !
Sans vouloir faire un jeu de mots douteux, il me met tout de même 1h dans la vue sur mon meilleur temps !



Pour finir, en guise de clin d' oeil à notre marathon de l'année dernière,  un coureur membre de l'Association des Familles des Traumatisés Craniens et Cérébro-Lésés, aura effectué son marathon en poussant une personne sur un fauteuil. Je remarque que le klaxon à poire est un classique car nous en sommes également équipé sur notre fauteuil.

Voici la galerie 06 Arrivée Handisport

mercredi 15 mai 2013

Marathon de Paris 2013 : 05 Arrivée Elite


Alors que 2 petites heures se sont écoulées depuis le départ, les coureurs élite tels des avions subsoniques sont déjà en phase d'approche sur la piste d'arrivée !

Ils sont comme toujours impressionnant de facilité ! A les voir filer ainsi vers la ligne d'arrivée, cela est parfois difficile d'imaginer qu'ils ont déjà parcouru 42km  !

Sur la photo illustrant cet article, vous ne verrez personne en plein effort !
Histoire de changer, je vous propose une image que le coureur lambda ne voit que trop rarement : la voiture indiquant le chrono officiel de la course. Celle-ci précède la 1° féminine. Le temps indiqué se passe de tout commentaire !

Voici la galerie 05 Arrivée Elite

mardi 14 mai 2013

Marathon de Paris 2013 : 04 Départ


C'est désormais au tour des coureurs "lambda" de s'élancer. Toujours idéalement posté au milieu de l'avenue des Champs-Elysées, j'assiste alors à un déferlement incessant où plus de 40 000 coureurs vont "venir à ma rencontre".
  
Dans un énorme brouhaha, ponctué par le rythme des foulées des futurs marathoniens, les effluves de crème anti-frottement et autres onguents font également la course dans mes fosses nasales.

Voici la galerie 04 Départ

lundi 13 mai 2013

Marathon de Paris 2013 : 03 Départ Elite


Après les coureurs handisports, c'est au tour de l'Elite de s'élancer à son tour. Sur la photo, un coureur fait un coup d'éclat, en mode "Où est Charlie ?" en courant devant les kenyans (Dossard 123, il finira en 2h51) ! 
  
C'est vraiment un régal de les voir ainsi filer, tellement faciles, à une allure déjà plus que soutenue pour le "commun des mortels".

Voici la galerie 03 Départ Elite

mercredi 8 mai 2013

Marathon de Paris 2013 : 02 Départ Handisport

 
Après une petite interruption, petit flashback, voici la suite de la série d'articles concernant le Marathon de Paris 2013 :
 
Alors que l'article n°1 relatait l'ambiance du départ coté spectateurs, le départ est désormais lancé et ce sont les participants handisport qui partent en premier.

Dans un premier temps, les fauteuils filent à toute vitesse dans cette descente, la célèbre avenue des Champs Elysées leur est offerte et ils s'en donnent à coeur-joie. 
Sur la 1° photo, on sent bien que Vitesse, Puissance et Concentration sont des termes parfaitement maitrisés par ces sportifs ! Juste impressionnant !


  
Parmi le peloton de tête, certains coureurs malvoyants sont déjà en pleine "vitesse de croisière" et passent à vive allure. On sent qu'à l'arrivée les temps de course seront probablement excellents.



De nombreux coureurs malvoyants défilent également, j'apprécie toujours autant de les voir ainsi courir en parfaite osmose avec leur guide. 
On en droit de penser que seul ce minuscule cordon les réunit mais une grande confiance, de la complicité et un désir de partage réciproque, développés durant ces longues semaines d'entraînement, unissent également ces coureurs.

Voici la galerie 02 Depart Handisport

dimanche 14 avril 2013

Marathon de Paris 2013 : 01 Ambiance Depart

 
Je vous propose un petit retour sur le Marathon de Paris, course à laquelle j'ai pris un très grand plaisir à assister.
 
Et, comme toujours, j'ai fait "quelques" photos. Aussi, je vous proposerai ces petits articles afin de vous narrer cette si belle journée et illustrer les galeries photo qui les accompagnent.
 
Commençons donc cette série par cette ambiance si particulière d'avant-course. Les spectateurs arrivent tranquillement et s'installent de chaque coté de la fameuse avenue des Champs Elysées.
Comme il y a déjà 2 ans, je suis idéalement placé au centre de l'avenue afin de mieux embrasser du regard le flot de coureurs qui bientôt dévaleront la route.
 
L'ambiance est bien calme, on assiste à des allers-retours de coureurs affutés, impressionnant de voir ainsi l'élite s'échauffer. Les spectateurs et moi même profitons de ce calme tout en sachant que les minutes qui suivront seront emplis par le tumulte de la horde de coureurs qui déambuleront sur le bitume.


Voici la galerie 01 Ambiances Depart

jeudi 24 mai 2012

Festa Trail 2012 : Marathon de l'Hortus

De gauche à droite : Maya, Buzzy, Runmygeek, Christophe, PinkRunner & GregRunner.

Dans le gymnase, l'organisateur de la Festa Trail se tient debout face aux participants. Son blouson blanc contraste étrangement avec les tenues colorées des traileurs réunis autour de lui.
  
Le coeur gros et la mine triste, il a terminé son annonce.
Et comme pour le confirmer dans sa décision, il est aussitôt applaudi par tous les coureurs. Lui déclarant ainsi qu'ils l'approuvent et qu'ils le remercient.

Mais que font des coureurs dans un gymnase ?
Mais pourquoi applaudissent-ils l'organisateur ?
Mais pourquoi a-t-il le coeur gros ?

Que de questions !!!

Tachons d'y répondre....

...Dans le but d'aller à la rencontre d'autres coureurs de la Runnosphère, le rendez-vous fut organisé sur Montpellier, afin de revoir Buzzy, Runmygeek, et Christophe. Et, surtout, ce fut l'occasion de rencontrer enfin dans la vraie vie (IRL, pour les geeks) le fameux PinkRunner.
 
Et c'est avec un grand plaisir que s'est retrouvée la bande de joyeux drilles composée de :
  - Buzzy, Runmygeek, Christophe pour les "locaux"
  - PinkRunner venu pour l'occasion
  - GregRunner, Maya & Alexis, parisiens en villégiature
  - Djailla & Doune en mode VIP, car faisant partie du Team Quechua

Et comme, il est toujours appréciable de joindre l'utile à l'agréable, nous étions inscrit sur différentes épreuves de la Festa Trail :
Les VIP (Djailla & Doune) étaient sur le Tour du Pic St Loup (version nocturne).
Christophe était sur le Tour du Pic St Loup (version diurne).
Et le restant était sur le Marathon de l'Hortus.

Djailla & Doune ont effectués leur course le samedi soir, alors que ceux inscrits sur le Marathon avaient prévu de passer une courte soirée afin de bien se reposer avant l'épreuve du lendemain.

Et le lendemain matin, c'est avec un visage souriant et réjouit (voir photo) que nous nous préparons à regagner le départ de la course.
Les smartphones consultent la météo. Le même mot revient sans cesse : pluie !!
Et c'est d'ailleurs elle qui nous accueille à notre arrivée sur l'aire de la course.

1° mauvaise nouvelle, nous apprenons que le départ sera retardé d'1h30 ! Qu'importe, car pour le bon déroulement de la course, il faut savoir patienter.

L'organisateur de la course nous fait ensuite un rapide briefing :  
  • Une réunion s'est tenue la veille au soir à 23h afin de se renseigner concernant la météo. Et ce matin, ce n'est guère engageant.
  • Pour raisons de sécurité, une portion du parcours ne pourra pas être empruntée. Etant donné la météo, il ne sera pas possible de faire "déambuler" les traileurs sur la partie du parcours empruntant les crêtes.
  • Une possible annulation de la course n'est pas à exclure mais il préfère tout de même patienter afin de constater des évolutions météorologiques.

Aucune protestation dans l'assemblée, c'est appréciable. Tout le monde sait que le but est que la course se déroule dans de bonnes conditions.
Les bénévoles dressent les tables afin de nous offrir un petit déjeuner.
Tout le monde a malgré tout le sourire, les discussions vont bon train.

Au dehors, il pleut sans discontinuer !
L'organisateur est parti sur le parcours afin de se faire un avis.

Il revient plusieurs dizaines de minutes plus tard.

Nouveau briefing, son visage est grave et triste, il commence alors par ces mots :
En tant que traileur, je vous aurais dit "Allez-y" !! Mais en tant qu'organisateur, je dois vous dire non...

La course est annulée !!
 

Puis il se justifie (sans vraiment en avoir besoin, car tout le monde le comprend) en précisant que le parcours avait déjà été "allégé" de la plus belle partie (le passage dans les crêtes).
De plus, la couverture nuageuse étant très basse, nous n'aurions même pas pu profiter des magnifiques paysages.
Et compte tenu des conditions météos désastreuses, notre sécurité sur la course aurait pu se trouver compromise.

Une décision donc tout à fait juste mais tellement difficile à prendre !!

Et à l'annonce de cette décision, tous les traileurs se mirent alors à applaudir l'organisateur.

Des applaudissements, afin de le remercier d'avoir pris la seule bonne décision qui s'imposait.
Des applaudissements, afin de le remercier pour tout le travail effectué pour mettre en place une telle course.
Des applaudissements, afin de le remercier tout simplement car c'est grâce au travail de passionnés tels que lui que nous pouvons nous faire plaisir sur de belles courses.
 
 

Voici les autres CR :

mardi 1 mai 2012

Marathon de Paris 2012 : Hasard des nombres

Appréciant la symbolique (de lieu, de temps, etc...) mais sans vraiment y croire ni y prêter une quelconque signification, je voudrais vous soumettre des petites remarques car je trouve qu'il y a parfois des curieux hasard.
 
Un petit exemple ? Et même plusieurs !
 
L'année dernière, pour les 10 ans  d'Alexis, nous avons effectués des 10km ensemble.
 
Cette année, j'ai fêté mes 45 ans et pour l'occasion, nous avons effectué non pas une course de 45 km mais un marathon.
 
Et, ce marathon, nous l'avons effectué en 5h05 !
 
Curieux, ce chiffre 5, qui revient régulièrement !
  
Pas persuadé ?
 
Cette année, j'ai également effectué l'Ecotrail de Paris.
Et il s'agissait de la 5° édition ! Etonnant non ?

lundi 30 avril 2012

Marathon de Paris 2012 : 3. Vu sur le plan humain


Voici maintenant notre Marathon de Paris vu sur le plan humain (la partie que j'apprécie le plus).

Lorsque nous effectuons ainsi nos courses en duo, les personnes que nous croisons arborent leur plus beau sourire. Les encouragements et les félicitations fusent à notre encontre. 
  
Déjà, l'année dernière, lors de nos 10km, nous avons déjà pu le constater. 

Le fait de voir un enfant sur une course fait ressortir le plus beau fond qui se trouve en chacun de nous.
Même s'il est vrai que le coté "fauteuil roulant" peut faire croire à une maladie ou à un accident, ce n'est jamais de la pitié que l'on peut voir dans les yeux de "nos supporters".
Car si nous utilisons un fauteuil roulant, c'est simplement parce qu'il n'existe pas de poussette pour un enfant de 11 ans ! Et non pour jouer sur la "corde sensible" en faisant croire que je pousse mon fils handicapé.

Avec Alexis (mon fiston), nous partageons ainsi ces moments de course, cette ambiance festive. Ces instants où nous pouvons nous faire plaisir en faisant les fous.
Car ces instants sont nos instants privilégiés, des moments qu'il apprécie vraiment.

Durant les courses, sa présence égaye les coureurs, et cela incite aux échanges. Certains m'encouragent, d'autres encouragent Alexis, et d'autres encore entame une petite discussion non pas avec moi mais avec Alexis. J'aime cet esprit.

Et, l'année dernière, nous avons ainsi passé de nombreux bons moments :
  • comme sur le 10km d'Handicap International (notre 1° course-duo), où 2km avant l'arrivée, nous avons emmené avec nous une femme, afin de la relancer et qu'elle se fasse ainsi plaisir en ralliant l'arrivée.
  • comme sur le 10km de Paris 10°, où le parcours passait par un pont dont nous devions gravir par 2 fois les escaliers. De plus, ce fut à cette occasion, qu'Alexis reçut sa coupe ! Un beau souvenir.
A bien y réfléchir, nous avons apprécié chacune des courses que nous avons faites. Normal, c'était le but ! Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer le lien pour le 10km de l'Equipe (1° édition).

Et, pour notre 1° course-duo de 2012, cela allait être le Marathon de Paris ! Je ne reviendrais pas sur les nombreux doutes qui m'ont bien accaparé l'esprit.

Mais voilà, je voulais offrir à Alexis, un cadeau, un cadeau tout particulier ! Non, pas la toute dernière console de jeux, ni des bandes dessinées, ni de cartes à échanger, ni de toupies, non rien de tout cela.
Celles et ceux qui me connaissent savent que j'apprécie les cadeaux clins d'oeil (l'essentiel n'est pas le prix, mais leur coté fun) et étant coureur, quoi de plus normal que d'offrir une course à son fiston ?
Et quitte à ce que cela soit une course, autant que cela soit une belle course, et quoi de plus beau qu'un Marathon ?

Et nous voilà donc le jour J, sur les Champs Elysées, à attendre le départ du Marathon de Paris. C'est un grande première pour moi, car c'est la 1° fois que je partage ces moments avec quelqu'un qui m'est cher.
Je lui explique le déroulement, je lui fait ressentir cette sensation qui monte au fond de soi lorsque l'on sent que le départ est proche.
Et il réalise cette euphorie du départ, lorsque nous descendons la célèbre avenue.

Pour l'occasion, j'ai accroché une banderole sur laquelle est simplement écrit : ALEXIS. Car je voulais qu'il reçoive des encouragements, car cette course est SA course, c'est SON marathon !

Et alors que nous descendons les Champs Elysées, de nombreuses personnes féliciterons ALEXIS ! Au début, cela le gênera qu'on l'appelle ainsi (faut pas croire mais nous sommes réservés !!) mais remerciant les personnes à son tour, il trouvera cela ensuite plutôt amusant.

De nombreuses personnes nous ont encouragés, de nombreux sourires nous ont accompagnés. Lorsque notre position sur la route nous le permettait, Alexis a fait des "check" (taper dans les mains) des spectateurs. Une superbe ambiance !
Lorsque nous arrivions près des nombreux groupes de musiciens, Alexis klaxonnait de bon coeur.

A un moment, pour m'encourager, Alexis me dit :
  
"Papa, si tu termines la course, tu auras 5 bisous !"
  
Il sait comment me motiver !!

Et, très souvent, alors qu'il entonnait des petites chansons, les coureurs se retournaient afin de chercher la provenance de cette voix car ils étaient étonnés d'entendre un enfant chanter sur la course.
Peut-être est-ce dû à la période électorale, ou aux manifestations évoquées durant le journal télévisé, car Alexis, a chanté à plusieurs reprises, sur le ton d'un slogan de manifestation :
  
"Qui c'est les plus forts, c'est les runners !!"


Nous avons apprécié ces instants passés ensemble, il a enfin vécu un marathon de l'intérieur, il a ressenti cette ambiance si particulière, et comme les coureurs, il est passé par nombre de sentiments :
l'euphorie du départ, la fierté d'être encouragé, la lassitude, la fatigue, l'attente de l'arrivée et la hâte quand il reste moins de 10km à parcourir, la joie à 2 km de l'arrivée, l'euphorie de l'arrivée et la satisfaction de l'avoir fait.

La bénévole que nous avions revu lors du Running Expo et que nous avions déjà rencontré sur les 10km de Paris 10 et sur les 10km de L'Equipe, fut celle qui nous donna notre médaille. Un heureux hasard !!
Et, grâce à elle, Alexis a maintenant SA médaille de Finisher !

Et, une fois nos médailles passées autour du coup, j'eus droit à ma récompense : Mes 5 bisous !!

Certes la course fut longue pour lui, mais il a apprécié cette ballade parisienne, et je sais que lors de nos  prochaines promenades dans la capitale, il sera tout fier de revoir les rues par lesquelles nous sommes passés.


Nous avons désormais de belles images en souvenir de ces instants passés ensemble.
  
Et je sais que certaines d'entre elles resteront gravées dans nos mémoires.
  
Et, plus tard, lorsqu'une fois adulte, il se souviendra de ces moments, je sais que cela l'aidera à positiver, à prendre la vie du bon coté.
  
Car ce sont nos souvenirs, qui nous forgent et nous aident à "affronter" la vie. Aussi, j'essaye de faire en sorte qu'il conserve de nombreuses images positives, gaies et enjouées.
 
Car j'aime ces sourires, j'aime ces yeux qui pétillent, j'aime ces discussions évoquant certains instants partagés, j'aime ces petits contacts,sans rien dire, mais qui signifient tant.
 
Alors, positivons, voyons la vie du bon coté, faisons nous plaisir, et offrons de beaux souvenirs aux enfants. 
 
Et comme l'a dit un célèbre ours, il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux...

jeudi 26 avril 2012

Marathon de Paris 2012 : 2. Vu sur le plan sportif

Pour une fois, plutôt que de découper le récit en plusieurs articles "courts", je vous livrerai un long article. 

Car même si la course a été ponctuée de nombreuses pauses, je préfère vous livrer l'ensemble des impressions sur cette course si particulière pour nous afin de mieux vous faire ressentir les sensations de course.


Sur le plan sportif, inutile d'être un surhomme ou d'effectuer le marathon en moins de 3h25 (Go Luc, go !!) afin de mener à bien ce défi. Cela tombe bien, ce n'est nullement mon cas.
Il faut juste de la volonté, une bonne dose de motivation, et bien sûr un peu de foncier. Le but étant d'effectuer le marathon en courant, il faut tout de même "connaitre" cette distance.

Idéalement, une approche progressive était envisagée. L'année dernière, nous avons effectué plusieurs courses de 10km durant lesquels nous avons pris beaucoup de plaisir et où j'ai pu m'habituer à courir ainsi en conditions de course.
J'avais ensuite prévu d'effectuer les 20km de Paris, mais comme il pleuvait, je n'ai pas voulu ni courir en duo avec Alexis, ni même effectuer la course en solo, car je n'aurais alors ressenti aucun plaisir car ma motivation première était de partager ce moment avec lui.
Donc, au final, la progressivité escompté n'aura pas eu lieu.
Et ces 10km effectués, nous servirons de tremplin afin d'effectuer notre Marathon en duo. Tout un programme !!
Habitant Paris, il était donc tout à fait évident que le Marathon de Paris serait celui qui nous verrait défiler.
La décision fut rapidement prise, le Marathon de Paris 2012 sera celui d'Alexis, cela sera SON marathon.

A moi de tout faire afin que mon projet aboutisse.
Adorant faire des surprises, je ne lui en ai parlé que la semaine précédent la course.
Plusieurs raisons à cela, le 24 mars j'avais prévu d'effectuer l'Ecotrail 80km et le 15 avril le Marathon, soit 3 semaines après. De nombreuses incertitudes, de nombreux doutes envahissaient mon esprit.
Allais-je terminer ce 80km ? 
Mes muscles pourraient-ils récupérer durant ces 3 semaines ? 
Et surtout, me serait-il possible de pousser Alexis sur cette distance ?
Pour être franc, je me suis mis la pression. Sur l'Ecotrail, j'allais effectuer ma plus longue distance sur une course. Il me fallait donc terminer cette course et surtout sans blessures afin d'être en mesure d'enchainer, 3 semaines plus tard, le marathon.
L'Ecotrail s'est bien déroulé, et surtout sans blessure. La phase de récup a pleinement été appréciée, même s'il y a eu des petites sorties effectuées, histoire que les jambes ne "s'endorment" pas trop.

Mais, malheureusement, la météo s'est dégradée dans la semaine précédent le Marathon !!
Alors que sur le plan physique, mon corps semblait me signifier qu'il était pret à mener à bien sa nouvelle mission. Tout allait-il être réduit à néant à cause de la météo ? Un nuage de mauvaise augure semble planer au dessus de nos têtes ! De bulletins météo en bulletins météo, les doutes se dispersent légèrement même si nous ne sommes pas à l'abri de petites ondées.
Et, ne voulant pas commettre la même erreur que lors de ce qui devait être notre 1° course-duo où je lui avais annoncé plusieurs semaines à l'avance que nous allions effectuer une course ensemble. Et, le mardi précédent la course, je m'étais malheureusement blessé et de ce fait nous n'avions pas pu effectuer notre course (je ne ferais plus de fractionné durant la semaine précédant une course !) je n'évoquai donc pas la course avec Alexis.

Durant les 3 semaines post Ecotrail, je n'ai effectué aucun entraînement avec Alexis, ne voulant pas entamer mon "Capital Energie" qui était en train de se refaire une petite santé.

(oui, je sais, j'évoque les 3 semaines d'intercourse, puis je parle de la semaine précédent le marathon pour ensuite revenir aux 3 semaines, c'est juste pour vous montrer que durant cette période mes pensées allaient et venaient. Je peux également remonter plus loin dans le temps. Savez-vous qu'à l'époque du paléolithique....)

Et la semaine précédant la course, je parle de mon projet à Alexis, et bien sûr, il est ravi !

Le jour J, alors que nous étions en chemin vers les Champs Elysées, je me posais tout de même de nombreuses questions quand à ma forme physique et à ma capacité à mener à bien ce projet. Mais l'abeille sait rester positive, et comme ma principale motivation se trouve assis juste devant avec moi, je garde mes doutes pour moi.
Je lui explique tout de même que la course sera longue, et sera dure. Je lui répète à nouveau l'estimation de durée qui est de 5 à 6h.

Nous sommes maintenant sur les Champs Elysées (voir 1° photo), au milieu des coureurs, je lui explique le déroulement de la course, la durée probable, et je lui rappelle sa tâche, klaxonner lorsqu'un coureur est trop proche de nous afin de l'avertir de notre présence et surtout afin de ne pas le heurter.


Après une petite phase d'attente, le départ est lancé.

Ma première appréhension concerne la descente des Champs Elysees, car la rue est pavée, donc secousses pour Alexis, de plus, nous devons "surfer" par dessus les détritus jonchant le sol.
Et la descente s'effectue mieux que prévu, et gagnés par l'euphorie du départ et par l'inertie du fauteuil, le 1°km sera effectué rapidement.

Arrivés sur la rue de rivoli, nous sommes lancés, j'essaye de conserver un rythme régulier. Le fauteuil semble glisser sur le macadam, c'est bien agréable !
Régulièrement je me détends un bras, afin de ne pas rester trop contracté durant la course.
L'avantage de connaitre le parcours, est que j'anticipe le placement sur la chaussée, nous nous positionnons sur la partie la plus lisse de la rue, et j'indique également à Alexis les virages afin qu'il participe également à la conduite.

L'allure de course se doit d'être régulière, afin que la force de poussée sur le fauteuil ne varie pas trop et que la dépense d'énergie ne soit pas trop importante. Je sais malgré tout que notre allure est un peu trop élevé, nous sommes toujours à la même distance du meneur d'allure en 4h30. Je sais que je ne pourrais pas tenir cette allure durant toute la course mais la 1° partie du parcours est plus "roulante", aussi, je profite de cette partie en essayant tout de même de ne pas me mettre dans le rouge.
Désormais habitué à courir avec le fauteuil, le fait de courir les bras fixes, me dérange beaucoup moins qu'auparavant et à aucun moment, je n'éprouverai de gêne à courir ainsi.

Lors des passages sur les rues pavées, j'essaye de conserver la même vitesse afin d'éviter tout ralentissement, ce qui occasionerai une dépense d'énergie supplémentaire afin de relancer le fauteuil.
Les portions de rue en faux-plat et les montées sont effectuées en mode "marche active" afin de s'économiser sur ces portions et de ne pas perdre trop de temps.

A chaque panneau annonçant la distance parcourue, j'effectue le compte à haute voix pour Alexis. Les kilomètres s'enchainent relativement rapidement.

Les 10°km sont parcourus en 1h06. Nous sommes bien, pas de fatigue en ce qui me concerne et Alexis est toujours aux anges. Il a la pêche. Tout va pour le mieux.

Nous abordons désormais une zone inconnue car nous n'avons jamais dépassé 10km de distance. Je me mets un peu de pression en me disant qu'il va falloir bien gérer la course, car ce n'est pas n'importe quelle course, c'est LE marathon d'Alexis !

Dans le bois de Vincennes, je redouble d'attention quand à "l'étude du revêtement" afin d'éviter les trous éventuels et autres petites sources de désagréments. Et je fais particulièrement attention à ne pas nous positionner trop près des coureurs, et Alexis joue du klaxon afin de les avertir.

Et nous arrivons au semi en 2h25. Je dis alors avec un enthousiasme (un peu teinté de fatigue) que nous sommes désormais à mi-course ! Je sens qu'il commence également à fatiguer. Et, je lui propose de se dégourdir un peu les jambes, et j'en profite pour faire une petite pause. 
  
Son petit sac à dos est accroché à l'arrière du fauteuil. A l'intérieur, plusieurs petites bouteilles d'eau à utiliser en cas d'impossiblité d'accéder au ravitaillement en toute sécurité (pour avoir vécu des bousculades durant les ravitos, je préfère m'encombrer de ces quelques bouteilles plutot que de risquer qu'Alexis soit heurté par un coureur trop "pressé", pour rappel, à ces coureurs du dimanche, lorsque vous valez 4 ou 5h sur un marathon, ce ne sont pas les quelques secondes passées à être courtois qui vont pénaliser votre performance !!)
Je bois tranquillement, je prends un gel, un petit moment de détente vite passé car il nous faut repartir.

Je sais maintenant que la partie "facile" est désormais derrière nous et que la phase "Gestion de course" va devenir essentiellement. La fatigue se fait sentir, car j'ai du mal à relancer le fauteuil mais nous repartons tout de même.

L'avenue Daumesnil est parcourue tranquillement, avant d'aborder une nouvelle fois, la place de la Bastille.
De nombreux encouragements nous accueillent mais les pavés et la fatigue qui s'installe limitent les remerciements à l'égard de la foule.

L'allure a baissé, je sens que les kilomètres défilent désormais bien moins vite. Je ne m'impose aucun rythme, car je dois faire avec le parcours et son revêtement. Alors, le mode "Gestion de course" est désormais activé, et coute que coute, je me dis que nous terminerons !
Alexis n'est plus trop à la fête, je ne l'entends plus. Réveillé depuis 7h, il fatigue et à plusieurs reprises, je serais obligé de le réveiller.
Le point positif est que s'il arrive à dormir, cela signifie que je "conduis" bien et ce, sans à coup, par contre le point négatif c'est que niveau sécurité, c'est que j'ai peur qu'il glisse car même s'il est bien calé entre les accoudoirs, nous ne sommes pas à l'abri d'un ralentissement, d'un écart brusque, qui pourrait le faire sursauter voire tomber. Aussi, je prends bien garde à bien me placer loin des coureurs (dans la mesure du possible).


Par précaution, je préfère ne pas le laisser dormir trop longtemps, par crainte qu'il ne bouge durant son sommeil. Et je le réveille à plusieurs reprises.
Lorsque survient le passage au niveau des photographes, je le prévient à l'avance, je me décale afin que mon dossard soit bien visible et comme souvent Alexis est très démonstratif concernant son enthousiasme.

Mais hélas, cela ne durera pas.

Le 25°km est atteint en 2h55. 
Et Alexis, réagit peu, l'enthousiasme débordant du début à laisser la place à une grande lassitude. Et mauvaise nouvelle, le froid a décidé de s'inviter à la fête !

Malgré les plusieurs couches de vêtements, le buff autour du cou, et les gants, il commence à avoir froid. Je lui propose de marcher un peu pour se réchauffer mais il n'en a pas envie. Je n'insiste pas, je le connais, il est fatigué. Je l'encourage en positivant car nous avons dépassé la moitié de la course (A y réfléchir après coup, je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle !!).
Et nous repartons, par moment, j'encourage le fiston afin de le faire à nouveau participer.

Nous passons en bas du Trocadéro, où nous ferons un petit arrêt. Afin de nous alléger, j'en profiterais pour me débarasser des petites bouteilles se trouvant dans le sac à dos. Et 2 sympathiques touristes accepteront de nous prendre en photo.

Le 30°km nous voit arriver au bout de 3h35.
Et nous faisons une pause, nous arrêtons en face de la table du ravitaillement. Niveau enthousiasme, nous avons connus mieux !! Alexis est maintenant transis de froid et fatigué. Il ne lève plus les yeux pour me regarder, la fatigue et surtout le froid sont bien présents.
Je lui propose de marcher un peu mais il n'en a aucune envie. Plan B, je lui confie une mission : Nous chercher des quartiers d'orange et ce en courant afin de ne pas être heurté par les coureurs en traversant. Le petit aller-retour le réveillera quelque peu. Après quelques minutes, nous repartirons.


Vient ensuite le 35°km ! La partie dans le bois de boulogne est usante. Alors que la fatigue est désormais omniprésente, je dois redoubler d'attention afin de ne pas heurter les coureurs, scruter le sol afin de rouler au bon endroit et, petit constat, comme si cela ne suffisait pas, je constate que la route est légèrement bombée afin de faciliter l'écoulement de la pluie sur les bords de la route. Le fait de rester sur le coté m'oblige à compenser la légère pente, et, du coup, la seule trajectoire envisageable se situe au milieu de la route mais malheureusement nous ne sommes pas les seuls à courir sur cette portion de la route, du coup, je dois composer avec eux.
Alexis klaxonne et certains s'écartent, d'autres par contre ne nous entendent pas et nous contraignent à ralentir (je peste mentalement contre ceux qui courent avec des écouteurs).,

Je positive en disant à Alexis, qu'il nous reste moins de 10km !! Youhou !! En avant !

Désormais pleinement concentré, comme lorsque l'énergie vient à manquer, je m'isole dans ma bulle. Je ne prête aucune attention au monde qui nous entoure. J'entends des encouragements, j'aimerais répondre par un sourire, par un regard, juste tourner la tête, juste pas possible. J'ai l'impression que si je détourne le regard de la course, je serais obligé de ralentir, voire de m'arrêter (vraiment bizarre comme impression) !
Je tache désormais de conserver le même rythme de croisière. Sur mon tableau de bord virtuel, de nombreux voyants rouges clignotent, niveau énergie, j'ai connu beaucoup mieux ! Je les ignore, je branche mon "pilote automatique" et débranche, par la même occasion, mon neurone de la Raison (du coup, il part se coucher !).

Mes jambes moulinent, même si la vitesse n'est plus au rendez-vous, je m'oblige à avancer. Je vois au loin, le meneur d'allure des 5h. Je me motive afin de ne pas le lacher puis au bout de quelques minutes, je décide de remonter à sa hauteur, car j'ai besoin de me caler sur une allure stable. Je ne suis vraiment pas en état de déterminer une allure raisonnable (Rappelez-vous mon neurone de la Raison est parti se coucher).
Et, petit sourire intérieur, je remonte petit à petit à sa hauteur, les minutes passent et il se rapproche. Prendre son temps afin de revenir à sa hauteur.
Petit à petit, la distance s'amenuise. Chemin faisant, nous doublons plusieurs coureurs et, sur le moment je repense à Shuseth et à Kejaj lors du Paris Versailles, lorsqu'il racontait qu'il s'était fait doubler par un coureur déguisé en pinguoin. Et, là, j'imagine la tête et peut être le désarroi de certains coureurs. 
Car à ce moment de la course, (nous sommes tout de même après le 35°km), je sais que nombre d'entre nous ne sont alors pas au mieux et, je sais que se faire ainsi doubler par quelqu'un poussant un fauteuil a certainement dû leur faire un coup au moral. Désolé mes collègues coureurs.

Nous sommes enfin à la hauteur du meneur d'allure en 5h. Satisfait et content, je suis ! Mais surtout très fatigué, je ne sais pas si j'ai bien fait de le rejoindre mais qu'importe le mental prend le pas.
A notre arrivée, il nous encourage. Cela fait vraiment plaisir. j'en ronronnerai de satisfaction (Oui, les abeilles ça ronronne !! Et les fourmis cro-ondent !! Tout le monde sait cela !).

Il fait vraiment un superbe travail, il enjoint tous les coureurs que nous doublons à le suivre ! Certains suivent, d'autres font comprendre qu'ils ne peuvent répondre par l'affirmative à cette gentille invitation car ils ont prévu autre chose.

De même, il nous fait un peu la circulation en demandant aux coureurs que nous doublons de laisser passer le fauteuil. Délicate attention car non seulement zigzager entre les coureurs me coute de l'énergie et je sais que je ne peux compter sur Alexis pour klaxonner car cela fait déjà plusieurs minutes qu'il s'est endormi.
Comme vous pouvez le voir sur la photo, il dort profondément. Et à ma droite le meneur d'allure.

Un grand merci à EspritRunning pour la photo.

Petit Paradoxe, alors que j'ai besoin d'une allure stable, mon corps, mes jambes n'étant pas habitué à ce rythme accélèrent malgré la fatigue afin de retrouver une allure plus habituelle. Un comble !!

Et, petit à petit, nous laissons le meneur d'allure. Et, nous continuons notre route.

Les minutes passent, et les kilomètres beaucoup mais alors beaucoup moins vite. Mais la machine a ses limites et malgré moi, mes jambes se mettent à marcher, je passe alors en marche active, jusqu'au moment où j'entends au loin (enfin à quelques mètres) le meneur d'allure qui revient derrière nous. 

Notre petite avance a fondu comme neige au soleil et je me remet à courir à nouveau, car si je ne le fais pas maintenant, j'ai l'impression que mes jambes auront le plus grand mal à repartir.
Alors qu'Alexis a emmergé de son petit somme, il retrouve tout à coup de l'énergie et de l'entrain lorsqu'une personne dans le public nous encourage et surtout lui donne des petites mains qui applaudissent.
Et, une fois les mains en main (Non pas qu'il se passe les mains, d'une main à l'autre, mais plutôt il tient les mains dans sa main. Vous m'avez suivi ?)
Il retrouve de l'énergie. Cela fait vraiment plaisir.

Le 40°km est passé !! Nous y sommes presque ! Plus que 2 petits kilomètres !! Mais, il me faut tout de même faire une "rapide" pause afin de boire un peu et récupérer un peu avant la phase finale.

Nous sommes maintenant repartis, j'encourage Alexis. Plus que 2 km ! Tu vas l'avoir TON marathon, nous allons le faire, nous allons le terminer.

A ce moment, mon neurone de la Raison ne donne maintenant plus aucun signe d'activité, il est en plein rêve et une petite voix retentit dans mon esprit :
Les passagers à destination de l'avenue Foch sont invités à emprunter la voie réservée à cet effet...

Le 41°km est passé. Nous continuons sur le même rythme. Le rond point de la porte dauphine est maintenant en vue. J'essaye d'accélérer...et pas de réponse. Pas grave, l'abeille sait être patiente.
J'essaye de conserver une vitesse suffisante avant d'aborder les pavés. Nous sommes maintenant sur le rond point, je ne peux accélérer. Pire, je manque de marcher !
Je me refuse de marcher à ce moment, une petite et très lointaine étincelle d'euphorie brille au fond de moi. Afin de ne heurter personne et pour ne pas être obligé à ralentir sur les pavés, nous prenons le virage un peu large.
Et à notre passage, de nombreux encouragements fusent ! Cela fait plaisir, cela me relance.

J'en oublie la fatigue, les pavés n'existent plus. Nous accélérons sensiblement. Nous sommes maintenant sur l'avenue Foch qui je le précise est également pavée. Un rapide coup d'oeil afin de déterminer le meilleur endroit où rouler et j'apercois un petit revêtement en macadam sur le coté droit de l'avenue Foch.

Alexis est aux anges, il sent, il sait l'arrivée proche. Nous accélérons plus encore. Mais la machine ne peut aller plus vite. Cette dernière ligne droite me semble interminable, l'arrivée aurait-elle été décalée ? Je poursuis mon effort.

Une rangée de photographes, je me décale afin que mon dossard soit visible, car ces photos nous les conserverons précieusement. Je maintiens mon effort.
Curieusement ce n'est pas vers le chrono que mes yeux sont rivés mais vers la ligne d'arrivée.
  
L'euphorie continue à monter, plus que quelques mètres, nous y sommes presque, les encouragements nous transportent. Je n'ai plus la sensation de respirer, tout mes sens sont tournés vers cette ligne au sol.
Elle se rapproche, elle nous appelle. Oui nous arrivons ! L'allure n'a pas baissé, l'arrivée nous présente désormais son beau tapis rouge, elle nous invite et c'est avec une très grande satisfaction que nous franchissons la ligne.

J'arrête mon chrono qui affiche 5h05 ! 

Mais l'essentiel est ailleurs, car j'embrasse Alexis, et je lui lance "Tu es un grand marathonien !!".

mercredi 25 avril 2012

Marathon de Paris 2012 : 1. Présentation


Cette année, j'effectuerai le Marathon de Paris. Et afin de lui donner une autre saveur, j'ai décidé de l'effectuer avec Alexis. Une nouvelle course duo pour nous deux !

Mais est-ce bien raisonnable de laisser son fils assis dehors aussi longtemps (durée prévue entre 5 et 6h) ? 
Mais pourquoi ne pas en avoir parlé ? 
Et surtout quelles sont les raisons qui m'ont poussé à le faire ?

Mais que de questions !!
Lors de la prochaine conférence de presse, je ferai comme certains politiques, je demanderai les questions à l'avance afin d'y répondre avec... spontanéité !!

Pousser son fils sur un marathon ?? Mais quelle idée saugrenue !! Quel intéret ?
Et pourquoi ne pas faire de l'accrobranche et évoluer dans les arbres à plusieurs mètres de hauteur ?
Ben ça on l'a fait en Martinique !
Et, pourquoi ne pas l'accrocher et le faire glisser le long d'un cable à plusieurs mètres de hauteur ?
Ben, ça aussi on l'a fait !

Plus sérieusement, l'idée m'est venue, il y a quelques années après avoir vu une vidéo sur la Team Hoyt. Elle me touche énormément, et m'émeut à chaque fois.
Repousser ses limites pour son enfant, montrer que la vie ne s'arrête pas à cause de la maladie, montrer qu'avec de la volonté, les choses deviennent possible. Des valeurs auxquelles j'adhère tout à fait. Et même si je sais être incapable de boucler ainsi un Ironman, je préfère me donner un défi plus "accessible" : Le Marathon.

De plus, devant l'enthousiasme d'Alexis, les rares fois où il a pu me voir courir, j'avais envie de lui faire vivre la course de l'intérieur. Afin qu'il la vive et participe vraiment, un peu comme un spectateur-supporter en mode VIP qui aurait une vue imprenable sur la course.

Dans un premier temps, j'ai attendu qu'il grandisse un peu, car je ne me sentais pas l'exposer trop jeune sur une course car je craignais pour sa sécurité ( Ce n'est pas toujours facile de louvoyer au milieu du peloton. Et si un coureur le heurtait en nous doublant ?). Non, je ne le sentais vraiment pas.
Vint ensuite le choix du carrosse, comme évoqué ici, plusieurs modèles s'offraient à nous mais les finances étant limitées, je me suis tourné vers un modèle adulte d'occasion, certes plus lourd que les modèles enfant, mais plus sécurisant de par son gabarit.


Voilà pour la présentation de notre projet.

Si vous le voulez bien, vous aurez droit à un récit du marathon vu sur le plan sportif et un autre vu sur le plan humain.

Les récits sont en route...

Ecotrail Paris 2012 - Marathon de Paris 2012 : La Transition


Comme vous pouvez vous en rendre compte sur la photo, je n'ai toujours pas enlevé mon bracelet de l'Ecotrail.

Comme pour mieux m'en souvenir et pour rester plus encore dans l'esprit de cette belle aventure humaine que j'ai tant apprécié, je n'ai pu me résoudre à l'ôter. 

Comme pour mieux vous souvenir de cette belle aventure qu'à été l'Ecotrail de Paris 2012, je vous livre ici un lien regroupant l'ensemble des billets.

Comme pour faire une 4° phrase commençant par "comme", mais dans quel intérêt et que raconter ?

Je laisse désormais l'Ecotrail pour me tourner vers le Marathon de Paris 2012. En route vers de nouvelles aventures...

Running Expo : 05 Stand ArtandRun

Plusieurs heures se sont déjà écoulées depuis notre arrivée et comme il est déconseillé de "trop" marcher la veille d'un marathon, nous terminons "rapidement" notre tour du salon et, au détour d'un allée, nous découvrons le stand de Vincent Dogna d'ArtandRun, Le Runner Artiste.


En arrivant ainsi à concilier ses passions, il arrive à mettre en valeur la course à pied où l'élément servant de fil conducteur est la célèbre ligne bleue. En quelque sorte, on pourrait dire que le fil rouge de ses oeuvres est la ligne bleue.

Sur un espace conséquent, il avait exposé certaines de ses oeuvres.
De même, sur son stand, trônait une magnifique broche, représentant le nombre mythique 42,195 placé au dessus de la non moins mythique ligne bleue.

- Bien sûr, nous avons également visité les stands de courses célèbres qui font rêver comme celui de la Diagonale des Fous (sur laquelle Giao s'est inscrit !), la TransMartinique (sur les terres de mes ancêtres), entres autres. Et bien sûr, bon nombre de personnes nous ont proposé des prospectus dont celui pour La Saintélyon (pensée aux amis qui l'ont faite l'année dernière et qui la referont cette année).

De nombreuses rencontres donc durant ce Running Expo.

mardi 24 avril 2012

Running Expo : 04 Des visages connus

- Ensuite, Giao nous rejoint et nous faisons connaissance de la Team Esprit Running et du concepteur de Social Runner.
Vous ne connaissez pas Social Runner ??
Pour être franc, j'en ai entendu parlé depuis peu sur certains blogs de la Runnosphère (celui de Jahom, et de Run Reporter Run).

- Nous passons ensuite devant le stand de Nicolas d'OFFRUN où, après avoir lu quelques billets sur la désormais célèbre gourde "anatomique", nous lui demandons quelques infos et intéressés par le produit, Giao et moi-même nous passerons à l'achat (En attendant mon test, voici ceux de Gregrunner, de Jahom, et de PinkRunner).

- Arrivés sur le stand du Paris-Versailles, nous reconnaissons des organisateurs et amis de RunningNewbie et de Noostromo qui étaient présents à leur mariage. Et c'est à ce moment que Noostromo nous rejoint. Cela fait vraiment plaisir de se retrouver par hasard et d'échanger quelques mots.
Mais, hélas, le temps passe vite et il est désormais temps, pour nous de nous séparer.

- Puis nous entendons un brouhaha (si, si, malgré le bruit régnant sur le salon, nous percevons un bruit plus fort encore). Nous nous faufilons pour assister au défilé des meneurs d'allure (voir photo). Orchestré par notre Chauchau national, le groupe défilera bruyamment et poussera même une petite chansonnette.  Une belle ambiance !!